

Dans un premier temps, je commence toujours par étudier la structure et l'organisation d'éléments végétaux existant. Peu à peu, je vais en épurer les formes pour n'en retenir que les lignes fortes et les principaux volumes. Je les interprète alors dans mes dessins afin d'en souligner l'architecture. Les courbes sont travaillées en insistant sur la fluidité et la pureté de la ligne. Le sujet figuratif évolue vers une forme plus abstraite par la recherche, au travers de ces dessins, de la courbe et du volume justes.
Ainsi se crée une écriture de formes nouvelles que je décline en structure végétale, labyrinthe végétal et architecture labyrinthe.



Ces différents développements souhaitent mettre en évidence la dynamique du monde végétal. Chaque dessin se présente alors comme un instantané de cet univers en mouvement. Les formes s'ouvrent, se développent puis se referment, se mêlent et s'entremêlent, apparaissent puis se délitent, dans une continuelle évolution. Elles se déplacent et laissent leur empreinte sur le papier. Abstraction et figuration se côtoient et créent un univers où chacun peut transposer sa propre réalité.
Les labyrinthes végétaux et les architectures labyrinthes sont des dessins au crayon réalisés sur papier aquarelle. Les fonds restent blancs en hommage à l'esprit des peintures botaniques.
Les structures végétales sont des dessins à l'encre sur papier aquarelle. Elles sont travaillées au point en reprenant une des techniques de représentation du dessin naturaliste scientifique.
Le dessin naturaliste m'a toujours fascinée par la place particulière qu'il occupe dans le monde des Arts. Il a en effet joué un rôle essentiel dans l'évolution de la pensée scientifique. Avant l'avènement de la photographie, les savants, du Moyen-Age à la fin du XIXème siècle, n'ont eu d'autre recours que la main de l'artiste, notamment à travers le dessin, pour reproduire et analyser le monde végétal et animal.
Très tôt, l'homme a cherché à représenter la nature qui l'entoure et les techniques d'illustration et leurs procédés de reproduction n'ont cessé d'évoluer au cours des siècles.
Au Moyen-Age, ce sont surtout les religieux qui réalisent des manuscrits et des dessins. On s'aperçoit alors qu'il est important de dessiner d'après nature et de ne plus se contenter d'une description écrite.
La Renaissance est une période de grandes découvertes et d'expéditions maritimes. Les collections scientifiques et les cabinets de curiosités s'enrichissent alors de toutes sortes d'objets naturels rares et de recueils iconographiques d'histoire naturelle.
Aux XVIIIème et XIXème siècles, ce goût pour les sciences naturelles et la compréhension du monde va se traduire par le lancement des grandes missions d'exploration scientifiques. Les savants, les chercheurs ont alors rapporté de leurs expéditions des descriptions et un grand nombre de dessins réalisés sur le terrain. Ces missions ont permis une avancée spectaculaire dans le domaine scientifique.
Jusqu'à l'invention de la photographie, le dessin a joué un rôle de premier plan dans la diffusion des idées. Le voyageur, le savant ont eu recours au dessin parce qu'il est un moyen de communication immédiat.
Aujourd'hui encore, le dessin reste une excellente technique pour l'illustration scientifique car il est une forme d'analyse complémentaire et parfois plus performante que la photographie.